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30 ans du Groupe de Visegrád – Et maintenant ?

Pour la troisième édition du format #Débat Créatif, Euro Créative s’est intéressé au Groupe de Visegrád qui fête en 2021 son 30ème anniversaire. Nous avons alors tenté d’en dresser le bilan et de réfléchir à propos de ses perspectives de développement. Notre invité spécial était Monsieur Pierre Buhler, ancien Ambassadeur de France à Varsovie (2012-2016) et ancien Président de l’Institut Français (2017-2020) et aujourd’hui Conseiller au Centre d’Analyse, de Prévision et de Stratgie (CAPS) ainsi que Professeur à SciencesPo. Spécialiste reconnu de la région, Monsieur Buhler nous a présenté ses réflexions sur le fonctionnement de ce groupe de coopération et sur son potentiel futur marqué par de nombreuses incertitudes.

À la suite de cet exposé très complet, nos participants – contributrices et contributeurs chez Euro Créative – ont pu débattre en deux groupes de réflexions des problématiques actuelles et des pistes à privilégier. Ce travail a permis de proposer des recommandations spécifiques concernant une amélioration de l’image véhiculée par le Groupe de Visegrád via un renforcement positif de ses initiatives au niveau européen.

Hypothèse commune


Les hypothèses de développement du Groupe de Visegrád demeurent très incertaines puisque celles-ci dépendent intrinsèquement des évolutions politiques de chacun des quatre Etats membres, elles-mêmes incertaines. De plus, il est difficile d’envisager une évolution générale du Groupe de Visegrád qui, bien souvent, développe des approches différenciées en fonction des thématiques traitées. Ainsi, le développement d’une cohésion de groupe ou l’évolution des relations avec le reste de l’Europe ne peuvent être envisagées avec clarté. 

Recommandation – Groupe 1

Pour espérer une évolution positive, le Groupe de Visegrád devrait mieux définir son action par rapport aux objectifs et intérêts généraux de l’UE. Aujourd’hui perçu comme une force d’obstruction, le Groupe de Visegrad devrait s’employer à devenir une véritable force de proposition. Il est nécessaire que ce dernier parvienne à changer son image auprès des autres membres de l’Union européenne.

Cela pourrait être fait à travers deux directions principales. La première concerne les aspects économiques et plus particulièrement le grand défi européen de la transition écologique, notamment via des efforts plus importants concernant la décarbonisation des économies. La seconde a trait à des considérations politiques puisque le Groupe de Visegrád pourrait se révéler comme un véritable catalyseur en accentuant le dialogue entre Bruxelles et les pays du voisinage oriental afin de renforcer sa légitimité.

Plus largement, le Groupe de Visegrád devrait procéder à une relative dépolitisation de ce format de coopération afin d’optimiser son fonctionnement. La multiplication d’initiatives provenant de la société civile, notamment via le Fond de Visegrád, pourrait aider à remplir cet objectif.

Au niveau européen, le Groupe de Visegrád est plus connu comme force d’opposition que de proposition. Pour la dynamisation de ce groupe et la valorisation de sa promotion à l’échelon régional, il existe un réel intérêt pour le groupe à travailler à l’amélioration de son image. Cela devrait passer par l’identification de domaines où les pays d’Europe centrale pourraient peser plus efficacement et positivement à l’échelle européenne.

En termes de développement économique, deux sujets majeurs sont identifiés: la transition écologique et notamment la décarbonisation des économies ainsi que le développement des infrastructures et en particulier celles concernant le rail qui sera au centre des priorités stratégiques européennes ces prochaines années. 

Au niveau diplomatique, le Groupe de Visegrád gagnerait à renforcer son action de pont entre Bruxelles et les pays du Partenariat oriental, mais son action ne pourrait se limiter à cette région. Ainsi, les centre-européens devraient aussi envisager une plus grande prise en considération de la région méditerranéenne et de ses différents enjeux – parmi lesquels les thématiques énergétiques et migratoires qui concernent directement la région.  

Enfin, le Groupe de Visegrád devrait développer ses outils de soft power à travers une plus grande implication dans les enjeux tels que l’éducation, notamment à travers les programmes européens comme Erasmus+. Citons en exemple l’Alliance 4EU+ à laquelle participent plusieurs universités centre-européennes. Les initiatives dans ce domaine pourraient également venir d’acteurs non-nationaux et en particulier des autorités locales.

Euro Créative remercie l’ensemble des participants de leur présence ainsi que Monsieur Pierre Buhler pour sa participation. La prochaine et quatrième édition de #DébatsCréatifs aura lieu courant avril. Envie de participer à ces débats? Rejoignez la communauté Euro Créative !

N.B: Le contenu publié ci-dessus ne reflète toutefois pas nécessairement les opinions personnelles de chacun et chacune et ne peut non plus être interprété comme représentatif des positions officielles d’Euro Créative. Il ne s’agit ici que de retranscriptions incomplètes des réflexions ayant émergé au sein de nos deux groupes de travail.

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