
Premier appel entre le président Macron et le leader du Bélarus, Alexandre Loukashenko, depuis 2022, le tout dans un contexte bien particulier :
– des exercices militaires nucléaires conjoints entre Minsk et Moscou, accompagnant le déploiement de missiles nucléaires Oreshnik russes au Bélarus. Des actions qui touchent au coeur de l’architecture de sécurité en Europe et intéressent donc au premier chef la France, puissance européenne dotée
– une très probable poussée du Kremlin pour impliquer plus encore Minsk dans la guerre en ukraine. Si une entrée en guerre de Minsk est hautement improbable, les nombreuses déclarations européennes et ukrainiennes laissent à penser que la pression du Kremlin s’accentue
– une ouverture diplomatique et économique entre Minsk et les USA, qui voient Washington lever rapidement des sanctions sur les entreprises bélarusses contre des libérations d’opposants politiques. Washington aurait même demandé à la Pologne, la Lituanie et l’Ukraine de lever leurs sanctions sur Belaruskali, le géant de la potasse, pour permettre à Minsk d’exporter, notamment via Klaipeda, alors que le marché des engrais est tendu suite au blocage d’Ormuz. La France s’est donc ici sans doute fait le porte parole de l’UE, pour ne pas laisser Washington monopoliser le dialogue avec Minsk et décider à la place des européens.

Chercheur associé à Euro Créative, spécialiste de l’Europe Centrale et Orientale. Auteur de La Guerre Hybride en Ukraine, quelles perspectives (Editions du Cygne, 2016)


