Ces prochaines semaines, les Roumains éliront leur nouveau président de la République. Ils devront choisir entre les forces politiques traditionnelles socialistes ou libérales, ou celles antisystèmes, populistes ou issues de l’extrême droite. Le résultat de cette élection pourrait entraîner des conséquences importantes sur le rôle et la position de la Roumanie au sein de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN. Au-delà de l’issue du vote, les intrigues présidentielles des derniers mois illustrent un revers pour le pays, jusqu’alors perçu comme une démocratie stable et un allié fiable dans la région.
Partie I. Émergence inattendue d’un candidat ultranationaliste et eurosceptique
À la fin de l’année 2024, les Roumains devaient entamer un cycle électoral de trois semaines. Celui-ci devait débuter le 24 novembre avec le premier tour de l’élection présidentielle, se poursuivre le 1er décembre avec les élections législatives, et s’achever le 8 décembre par le second tour de la présidentielle. À l’issue du premier tour, le candidat ultranationaliste, antisystème, antieuropéen et anti-OTAN, Călin Georgescu, est arrivé en tête avec 22,96 % des voix. Il devance Elena Lasconi, candidate europhile et antisystème du parti Union Sauvez la Roumanie, qui a recueilli 19,18 % des voix, ainsi que Marcel Ciolacu, Premier ministre depuis 2023 et dirigeant du Parti social-démocrate, qui a obtenu 19,15 % des suffrages.
Călin Georgescu, relativement peu connu du grand public, a occupé plusieurs postes au sein du ministère roumain de l’Environnement dans les années 1990, avant de travailler pour les Nations unies entre 1996 et 2016. Se présentant comme indépendant et volontairement absent des médias traditionnels, il a mené une campagne via les réseaux sociaux, notamment TikTok. Celle-ci a été marquée par des propos antisystèmes, mais aussi par des propos à connotation fasciste. C. Georgescu a mené sa campagne en instrumentalisant le sentiment de déclassement et d’abandon politique, social et économique ressenti par une partie de la population. Cette stratégie s’appuie sur l’idée d’un déclassement collectif, d’abord éprouvé dans les années 1990, lors de la transition vers une économie de marché, puis ravivé en 2007, avec l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne, qui a entraîné une hausse progressive des prix, de plus en plus alignés sur ceux de l’Europe occidentale. Par ailleurs, l’incapacité des partis politiques traditionnels à résoudre certains problèmes structurels, tels que la corruption, a renforcé la défiance populaire à leur égard. C. Georgescu a ainsi su attiser un désir de revanche à l’encontre des élites, perçues par une frange de l’électorat comme responsables de la précarité, de la pauvreté et des inégalités. Il a également ravivé les aspirations d’une partie de la population jusque-là passive, convaincue d’être ignorée par les élites. Georgescu s’est ainsi imposé comme le candidat du « réveil d’un peuple fatigué d’être humilié »[1]. Sa campagne a aussi tiré parti de facteurs exogènes. En jouant sur les inquiétudes liées à la guerre, il s’est présenté comme ‘le candidat de la paix’, exprimant son opposition à l’aide apportée à l’Ukraine et au réarmement européen, tout en adoptant une posture conciliante à l’égard du Kremlin. Enfin, la victoire des conservateurs aux États-Unis lui a permis de renforcer son discours et de revendiquer sa légitimité.
La semaine suivante, le 1er décembre 2024, les Roumains ont élu les nouveaux membres du Parlement. Bien qu’en net recul — avec une baisse de 7 points par rapport aux élections de 2020 —, le Parti social-démocrate est arrivé en tête du scrutin avec 22 % des voix. Les formations nationalistes et extrémistes — Alliance pour l’unité des Roumains (18 %), S.O.S. Roumanie (7,4 %) et le Parti de la jeunesse (6,5 %) — ont, quant à elles, totalisé plus de 31,8 % des suffrages, soit une hausse de 23 points par rapport à 2020. Face à cette poussée de l’extrême droite, le Parti social-démocrate, le Parti national libéral (PNL, 13,2 %) et l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR, 6,3 %) ont formé une coalition pro-européenne. L’Union Sauvez la Roumanie (USR, 12,4 %) a quant à elle choisi de rester dans l’opposition. Grâce à cette coalition, le social-démocrate Marcel Ciolacu a été reconduit dans ses fonctions, et le nouveau gouvernement PSD–PNL–UDMR est en grande partie composé des mêmes personnalités que l’équipe précédente.
Partie II. Une élection annulée et reportée en raison d’ingérences étrangères
Selon plusieurs notes des services de renseignement rendues publiques par la présidence roumaine le 4 décembre, Călin Georgescu aurait bénéficié d’une opération d’influence menée sur TikTok. Ces documents détaillent comment le candidat est parvenu à accroître considérablement sa notoriété sur ce réseau social en seulement quelques semaines. Cette campagne s’est appuyée sur la rémunération d’influenceurs chargés de diffuser des vidéos encourageant la participation électorale, avec un soutien implicite à C. Georgescu et une promotion de certains mots clés stratégiques. Ces publications étaient systématiquement accompagnées de commentaires favorables au candidat, émanant de faux comptes. Cette stratégie a donc artificiellement contribué à accroître la visibilité et la popularité de C. Georgescu. Les méthodes utilisées rappellent celles observées depuis 2022 dans le cadre du conflit russo-ukrainien, ainsi qu’en 2024 lors de l’élection présidentielle et du référendum constitutionnel en République de Moldavie[2]. La Russie, de son côté, a formellement nié toute implication dans cette affaire.
C’est pourquoi, seulement trois jours avant la tenue du second tour de l’élection présidentielle, la Cour constitutionnelle a annulé l’ensemble du processus électoral, incluant le scrutin du 24 novembre ainsi que le second tour, déjà partiellement réalisé par plus de 50 000 Roumains de l’étranger[3]. Călin Georgescu a été arrêté et présenté au parquet le 26 février, où six chefs d’accusation lui ont été notifiés. Il est notamment poursuivi pour diffusion de fausses informations, fausses déclarations sur son patrimoine et le financement de sa campagne, ainsi que participation et soutien à des organisations fascistes, racistes ou xénophobes. Le candidat a immédiatement dénoncé ce qu’il qualifie de persécutions politiques, d’« abus odieux » et de « coup monté ». Finalement, le 9 mars, la Cour constitutionnelle a invalidé sa candidature à l’élection présidentielle reprogrammée en mai 2025.
L’affaire a également suscité des réactions au-delà des frontières nationales. Le 17 décembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé l’ouverture d’une enquête visant TikTok, « afin de déterminer si la plateforme a violé la législation sur les services numériques en ne s’attaquant pas à ces risques [d’ingérence et de désinformation] » [4]. Face à ce précédent inquiétant d’ingérence dans un processus électoral européen, elle a déclaré que « nous [les États membres de l’UE] devons protéger nos démocraties de toute forme d’ingérence étrangère ». Une partie de l’administration Trump a de son côté exprimé son soutien à Călin Georgescu. Le 15 février, lors de son discours à la Conférence de Munich sur la sécurité, le vice-président J.D. Vance a vivement critiqué la décision de la Cour constitutionnelle roumaine, estimant qu’elle reposait « sur la base de soupçons ténus émis par une agence de renseignement et sous l’énorme pression exercée par ses voisins européens » [5].
La nouvelle élection présidentielle se tiendra les 4 et 18 mai 2025. Toutefois, le risque de voir émerger un résultat similaire à celui du scrutin annulé reste élevé. L’extrême droite présente cette fois un candidat unique : George Simion, membre de l’Alliance pour l’unité des Roumains et figure nationaliste de premier plan. Arrivé quatrième lors du précédent scrutin, G. Simion devrait bénéficier d’un report de voix important de la part des électeurs de Călin Georgescu et de Diana Șoșoacă, tous deux exclus de la course présidentielle par la Cour constitutionnelle. Face à ce risque, les partis de la coalition gouvernementale ont décidé de se rallier derrière un candidat unique : Crin Antonescu, membre du Parti national libéral dont il fut président de 2009 à 2014. L’Union Sauvez la Roumanie (USR), quant à elle, a retiré son soutien à sa candidate Elena Lasconi, qui a toutefois annoncé son intention de poursuivre sa campagne. Le parti s’est rallié à Nicușor Dan, son fondateur initial et actuel maire de Bucarest. Ce revirement peut être interprété comme le signe d’un désordre croissant au sein du parti, bien que ses dirigeants justifient cette décision en affirmant que Nicușor Dan est le candidat pro-européen le plus à même de faire barrage aux extrêmes. Paradoxalement, cette fragmentation du camp centriste pourrait favoriser une qualification au second tour de George Simion aux côtés de Victor Ponta. Ce dernier a été président du Parti social-démocrate de 2010 à 2015 et Premier ministre de 2012 à 2015, année où il a dû démissionner à la suite de scandales de corruption. Après avoir quitté le Parti social-démocrate, V. Ponta a fondé le parti Pro Romania, représentant pour une partie de l’électorat socialiste la frange historique et conservatrice du mouvement. Candidat pragmatique, versatile, et redouté par les partis de l’establishment, il se présente comme une figure antisystème, incarnant une version roumaine du mouvement MAGA (« Make America Great Again »).
Partie III. De nouveaux défis pour la Roumanie, l’Union européenne et l’OTAN
Un statut d’Etat démocratique écorné
Quel que soit le résultat du scrutin, ces élections parlementaires et présidentielle confirment un profond essoufflement du système politique roumain. Si l’on peut légitimement s’inquiéter du « phénomène Georgescu », c’est surtout à ses causes qu’il faut s’attacher. Ce phénomène trouve ses racines dans l’échec du système mis en place après la chute du communisme : les institutions et les partis traditionnels n’ont pas su gagner la confiance des citoyens. Pire, ils ont souvent suscité méfiance et rejet en raison de leur incapacité à répondre à des défis majeurs, tels que la pauvreté, les inégalités et la corruption. L’exclusion de Călin Georgescu de la course présidentielle ne règle en rien ces problèmes. Elle ne fait que rediriger ses électeurs vers d’autres candidats d’extrême droite, tout en renforçant la sympathie envers C. Georgescu lui-même. A contrario, elle alimente la défiance d’une frange de la population à l’égard des partis traditionnels, accusés de collusion entre eux et avec la Cour constitutionnelle pour écarter tout candidat ne relevant pas de l’establishment.
Plus largement, cette situation entame la crédibilité de la Roumanie en tant qu’État démocratique. Certains dénoncent notamment la décision controversée de la Cour constitutionnelle de prolonger le mandat du président sortant au-delà de son terme légal prévu en décembre 2024. La Roumanie aurait dû être dirigée par un président par intérim jusqu’à l’organisation du nouveau scrutin présidentiel. Finalement, c’est face aux critiques croissantes et à une procédure de destitution, que Klaus Iohannis a annoncé son retrait de la présidence le 12 février 2025. Ilie Bolojan, président du Sénat et chef du Parti national libéral, assure ainsi l’intérim jusqu’à la tenue de la nouvelle élection. Certains critiquent également les manipulations qui auraient eu lieu ‘en arrière-plan’ de la part des services de renseignement, ainsi que l’incapacité initiale des services de police et de la justice à anticiper les événements des derniers mois.
Un statut d’allié fiable de l’Union européenne mis à mal
La Roumanie est généralement perçue comme un État membre respectueux des principes européens. Ce positionnement l’a distinguée d’autres pays de la région, tels que la Hongrie et la Slovaquie, régulièrement critiqués pour leurs manquements à l’État de droit ou leurs discours ambigus — voire complaisants — à l’égard de la Russie. Une victoire de George Simion ou de Victor Ponta ferait peser le risque de voir émerger une nouvelle figure eurosceptique à Bruxelles.
Ce potentiel repositionnement européen s’observera également dans la relation de la Roumanie avec ses alliés traditionnels, notamment la France. Au cours de la campagne, « la France est devenue une cible, les sphères d’extrême droite reprochant à Emmanuel Macron, qui a défendu la thèse d’une manipulation russe lors du dernier scrutin […]. Sur les réseaux sociaux, des messages complotistes s’en prennent de plus en plus directement aux 1 500 soldats français déployés en Roumanie depuis 2022, en les comparant à des forces coloniales »[6]. Signe de cette instabilité, Paris a reporté à l’automne un exercice de déploiement militaire initialement prévu en mai. Lors de sa première interview après le rejet de sa candidature, le 10 avril, Calin Georgescu a déclaré : « La Roumanie est maintenant complètement contrôlée par la France. Le président roumain est aujourd’hui le président Macron », ajoutant que « la Roumanie est stratégiquement importante pour l’UE, pour Macron, afin de déclencher la guerre » [7].
Délaisser l’Ukraine, mais jamais l’OTAN et les Etats-Unis
La Roumanie est perçue comme un allié fiable de l’OTAN et un partenaire engagé dans le soutien à l’Ukraine. Elle a contribué à armer Kiev, notamment par la livraison de systèmes de défense antimissile Patriot. Elle joue également un rôle stratégique au sein de l’espace stratégique de la mer Noire en tant que principale voie de transit pour le matériel militaire et l’aide humanitaire à destination de l’Ukraine, et en facilitant l’exportation de céréales ukrainiennes via ses ports. Une victoire d’un candidat sceptique de l’UE et de l’OTAN pourrait fragiliser cet engagement. George Simion — bien qu’il nie être pro-russe — a promis de mettre fin à l’aide militaire à l’Ukraine et de soutenir un accord de paix piloté par les États-Unis, affirmant que « l’Ukraine devra accepter une paix injuste, elle devra momentanément céder des territoires ». De son côté, Victor Ponta a déclaré vouloir mettre un terme aux exportations de céréales ukrainiennes via les ports roumains[8].
S’il n’est pas certain que la Roumanie demeure un pilier du soutien à l’Ukraine dans la région, sa participation à l’OTAN, en revanche, ne semble pas remise en cause. Selon une étude d’INSCOP Research, 89,7 % des Roumains estiment qu’il est dans l’intérêt national de rester au sein de l’Union européenne et de l’Alliance atlantique, tandis que 77,1 % considèrent qu’un retrait des troupes de l’OTAN du flanc oriental nuirait à la sécurité nationale de la Roumanie. Même George Simion a affirmé être un « fervent soutien de l’Alliance atlantique », ajoutant que « quitter l’OTAN serait une folie ».
Le rôle central de l’OTAN dans le système de défense roumain pourrait d’ailleurs expliquer pourquoi tous les candidats ont cherché à établir des liens privilégiés avec les États-Unis, en particulier avec l’administration Trump. Le candidat d’extrême droite, George Simion, a naturellement tenté de créer une filiation politique forte avec Donald Trump, comme l’avait fait Calin Georgescu avant lui. Invité à l’investiture de Trump, G. Simion a déclaré : « Nous [l’Alliance pour l’Union des Roumains] sommes les alliés naturels du Parti républicain et nous sommes presque parfaitement alignés idéologiquement avec le mouvement MAGA »[9]. Victor Ponta, lui aussi, a lancé sa campagne présidentielle en vantant ses liens avec l’administration Trump. Ce mouvement s’est même étendu aux partis pro-européens, soucieux de ne pas laisser ce terrain aux seuls candidats souverainistes. Toutefois, un clivage existe entre les candidats véritablement pro-MAGA et les candidats pro-européens qui revendiquent des liens avec ce mouvement à des fins électorales. En cas de victoire d’un candidat antisystème et pro-MAGA, les relations entre la Roumanie et les États-Unis deviendraient une priorité, au détriment de sa relation avec l’UE.
À quelques jours du scrutin, une seule certitude fait consensus parmi les observateurs : George Simion devrait arriver en tête au premier tour. Pour le reste, les sondages divergent quant à l’identité de son adversaire au second tour et rien ne garantit qu’il remportera l’élection. Le résultat de cette présidentielle, dans un pays perçu comme un pilier des valeurs européennes dans la région, pourrait remettre en question son ancrage pro-européen, ses relations historiques avec la France, ainsi que la continuité de son soutien à l’Ukraine, tout en marquant un rapprochement avec le mouvement MAGA. Quelles que soient les issues du vote, les intrigues présidentielles des derniers mois constituent déjà une forme de défaite pour le pays : la société s’est profondément polarisée, les partis traditionnels sont en pleine déliquescence, et la démocratie roumaine est désormais qualifiée de « démocratie d’opérette ».
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[1] Bran, M. Roumanie : avec Calin Georgescu, la percée inattendue de l’extrême droite prorusse au premier tour de l’élection présidentielle. Le Monde. https://www.lemonde.fr/international/article/2024/11/25/roumanie-percee-inattendue-de-l-extreme-droite-pro-russe-au-premier-tour-de-l-election-presidentielle_6413114_3210.html
[2] Manipulation d’algorithmes et instrumentalisation d’influenceurs. (2025, février). VIGINUM. https://www.sgdsn.gouv.fr/files/files/Publications/20250204_NP_SGDSN_VIGINUM_Rapport_public_Elections_roumanie_risques_france_VFF.pdf
[3] Alegeri prezidentiale – Tur 2. (2024, 8 décembre). Prezență Vot. https://prezenta.roaep.ro/prezidentiale08122024/presence/abroad/table/
[4] Commission européenne. (2024, 17 décembre). Commission opens formal proceedings against TikTok on election risks under the Digital Services Act [Communiqué de presse]. https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/ip_24_6487
[5] JD Vance à Munich (2025). (2025, 15 février). [Vidéo]. YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=pKmca36zOkk
[6] Chastand, J.-B., & Jégo, M. (2025, 27 avril). A la veille de la présidentielle, la Roumanie perd la boussole. Le Monde. https://www.lemonde.fr/international/article/2025/04/27/a-la-veille-de-la-presidentielle-la-roumanie-perd-la-boussole_6600515_3210.html
[7] Călin Georgescu, interviu halucinant cu Tucker Carlson. (2025, 11 avril). Digi24. https://www.digi24.ro/stiri/actualitate/politica/calin-georgescu-interviu-halucinant-cu-tucker-carlson-presedintele-romaniei-de-astazi-este-macron-ce-spune-despre-bazele-nato-3195215
[8] Ilie, L. (2025, 7 avril). Presidential hopeful Ponta says will end Ukrainian grain exports via Romania. Reuters. https://www.reuters.com/world/europe/presidential-hopeful-ponta-says-will-end-ukrainian-grain-exports-via-romania-2025-04-07/
[9] Paun, C. (2025, 29 avril). MAGA man leads the field before Romanian election rerun. Politico. https://www.politico.eu/article/maga-romanian-election-rerun-donald-trump-romania-presidency-sunday-vote/

Directeur général d’Euro Créative, analyste Défense/Sécurité



