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‘Nous croyons en l’Église’: le cas de l’Église Orthodoxe de Moldavie

Cet article est issu du cinquième numéro du magazine bi-mensuel ‘New Eastern Europe‘. Nommé « Juggling a pandemic » (Gérer une pandémie), ce numéro s’attarde sur la façon dont les pays d’Europe orientale gèrent (ou non) les conséquences de cette pandémie de Covid-19. Des conséquences d’ordre politique, économique et social. Une autre partie importante de ce numéro est consacrée aux perspectives du Partenariat oriental pour la décennie 2020. D’autres articles, des entrevues ainsi que des revues littéraires viennent aussi s’ajouter à plus de 200 pages de contenu riche et varié.

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Cet article a été écrit par Anastasia Pociumban, alumni du Centre d’études sur la démocratie de Kyiv et spécialisée sur les enjeux de gouvernance locale, de démocratisation et de société civile dans les pays du Partenariat oriental ainsi que sur l’État de droit au sein de l’UE.

La relation entre religion et société diffère selon les États post-soviétiques. Si l’Église orthodoxe de Moldavie jouit manifestement d’une grande popularité dans le pays, elle a choisi de se concentrer sur la promotion d’un « programme traditionnel », souvent associé à la discrimination envers les femmes et les minorités.

L’indépendance officielle de l’Eglise ukrainienne l’année dernière a soulevé des questions concernant l’impact de la religion sur la géopolitique dans les pays post-soviétiques. Malgré cela, l’ancien Président du pays, Petro Porochenko, n’a été ni le premier ni le dernier dirigeant politique à utiliser les sentiments religieux dans le cadre d’une campagne électorale. L’actuel président moldave, Igor Dodon, l’a fait lors des précédentes élections. Alors qu’il existe de nombreuses études analysant le rôle de l’Église dans la politique et les mouvements sociaux, cette discussion porte sur le rôle de l’Église en matière d’atténuation ou d’incitation aux conflits. En examinant les situations propices aux conflits, nous pouvons essayer de déterminer si l’Église orthodoxe en Moldavie (OCM) sert à unir les peuples ou à favoriser la polarisation. Une telle question reste d’une grande importance pour un pays où plus de 90 % de la population se déclare orthodoxe.

Afin de dresser un tableau complet de la place de l’Église dans la société moldave, il convient auparavant de répondre à plusieurs questions. Quelle est la relation entre les différentes églises en Moldavie ? Quel est le rôle de l’église dans la politique ? A-t-elle une position sur les LGBTQ+, et sur les minorités religieuses et ethniques ? Quelle est la position de l’Église sur la diffusion de la désinformation et des ‘fake news’ ? Comment l’Église a-t-elle fait face à la pandémie de Covid-19 ?

Cathédrale de la Nativité à Chișinău – Source: Wikipédia.

Les relations entre les différentes Églises en Moldavie

En Moldavie, l’Église jouit d’une grande confiance du public, 70 % de la population déclarant avoir confiance dans l’organisation. En seconde position des institutions perçues comme les plus fiables se trouvent les mairies, qui ne jouissent que de 38 % de la confiance du public. Les médias obtiennent quant à eux 32 %, tandis que le Parlement arrive en dernière position avec 11 %. En même temps, selon le même baromètre, un peu plus de 52 % des Moldaves estiment qu’aucun des partis politiques ne les représente.

Comme indiqué plus haut, 91,4 % des personnes interrogées s’identifient comme membres de l’Église Orthodoxe de Moldavie (un organisme autonome relevant du patriarcat russe). En outre, 3,7 % sont membres de la section locale bessarabienne de l’Église Orthodoxe Roumaine. Seuls 1,9 % se sont déclarés athées ou non religieux. Dans ce contexte, l’Église, en particulier l’OCM, joue un rôle visible dans la vie des gens et a une capacité considérable à encadrer et à influencer les récits politiques tout comme les croyances populaires.

Les prêtres de Bessarabie accusent l’État de favoriser l’OCM et tentent de récupérer certains territoires par le biais de la Cour européenne des droits de l’homme. Cependant, à l’exception d’altercations occasionnelles, l’OCM et l’Église de Bessarabie – étant toutes deux orthodoxes – coexistent pacifiquement avec peu d’interaction entre elles. Si ces deux Églises n’ont pas de conflit visible, des problèmes se posent toutefois lorsque l’on considère les autres religions. La législation moldave continue de privilégier l’orthodoxie et a même obligé la minorité musulmane à rester enregistrée en tant qu’organisation non gouvernementale. Et ce, malgré la création d’un processus d’enregistrement religieux simplifié en 2016 et les efforts constants de la communauté pour tirer parti de ces changements.

Cathédrale Saint-Teodora de la Sihla à Chișinău, sous l’autorité de l’Église de Bessarabie – Source: Wikipedia.

Les autres problèmes auxquels les minorités religieuses sont confrontées de la part des organes de l’État concernent la propriété, les permis de construire et la discrimination en général. Des données confirment que les prêtres orthodoxes peuvent de facto opposer leur veto et influencer les espaces utilisés par les groupes religieux minoritaires (par exemple, les cimetières et les lieux d’inhumation). Il existe même des exemples de personnes détruisant des menorahs. Aucune de ces affaires n’a été portée devant les tribunaux, et l’OCM n’a jamais fait de déclarations appelant au respect des autres groupes religieux. En outre, de nombreuses écoles publiques exposent des objets religieux orthodoxes et souvent, seuls les prêtres orthodoxes sont invités à dispenser un enseignement religieux.

Bien que la constitution de la Moldavie garantisse le droit à la liberté religieuse et interdise toute discrimination pour des raisons religieuses, l’Église Orthodoxe Moldave jouit en réalité d’une position plus favorable que les autres groupes en ce qui concerne l’enregistrement, l’éducation et la pratique religieuse. En outre, l’OCM ne condamne pas les discours de haine et la discrimination religieuse pratiqués par ses fidèles. Il semble donc que l’Église orthodoxe moldave contribue aux conflits inter-confessionnels dans le pays.

Divisions sociales

En 2018, la Moldavie a accueilli le Congrès mondial des familles (WCF), un événement qui a été ouvert et dirigé par le Président Dodon. À cette occasion, le dirigeant moldave a clairement exprimé sa dévotion à la religion traditionnelle, déclarant qu’en raison de son « rôle de leader du pays, dans lequel le christianisme a joué un rôle clé pendant de nombreux siècles.« .

« J’ai tendance à soutenir toutes les initiatives liées à l’unification de la société et à son retour aux vraies valeurs, écrites dans la Bible. »

Igor Dodon

Le congrès, qui a eu lieu quelques mois avant les élections, a été critiqué par la société civile moldave comme un moyen d’imposer au pays des idéaux approuvés par l’Église et ce qui constitue une « famille normale ». D’autres sujets importants ont été abordés lors de l’événement, notamment l’interdiction de l’avortement, la santé génésique et le rôle des femmes dans la société – concentré sur les tâches domestiques et familiales.

En général, le WFC s’est opposé à tout ce qui va à l’encontre de sa définition des « familles naturelles ». Cela inclut l’avortement, le mariage homosexuel, la fécondation in vitro et le divorce. L’organisation est liée à des partis d’extrême droite et conservateurs et est connue pour non seulement promouvoir la haine contre les organisations LGBTQ+ et les droits des femmes, mais aussi pour lutter activement contre elles. Conformément à ces croyances traditionnelles, de nombreux représentants de l’Église orthodoxe ont participé au congrès, montrant ainsi la promotion de ces idées par l’Église.

Même si la constitution moldave n’inclut pas l’Église dans les processus de décision, l’OCM (subordonné au patriarcat russe) n’est pas étranger à la politique et a souvent utilisé son pouvoir pour promouvoir le renforcement des relations avec Moscou. En effet, l’Église a directement accusé l’UE de promouvoir le « mauvais » type de valeurs et a souvent semblé agir comme un instrument d’influence russe au sein de la Moldavie. « La voix de l’église et la voix des politiciens russes – pas tous, mais l’écrasante majorité des politiciens russes – sont les mêmes. Pour moi, la Russie est la gardienne des valeurs chrétiennes », a déclaré l’Évêque de Balti, la deuxième ville de Moldavie, dans un entretien avec le New York Times. L’évêque a également ajouté que l’UE demande trop en échange d’un soutien financier et encourage les Moldaves à s’éloigner de Dieu.

Un autre exemple de l’ingérence de l’Église dans la politique est sa campagne contre les lois anti-discrimination en Moldavie, qui fait référence à la discrimination injuste sur le lieu de travail fondée sur l’orientation sexuelle. L’Église s’est opposée à la terminologie de la loi, ce qui a fini par la faire rebaptiser « loi sur la garantie de l’égalité », supprimant ainsi toute référence active à la discrimination. En 2012, lorsque la loi a été discutée au Parlement, le site officiel de l’OCM a réédité un extrait d’un livre intitulé « La réalité à laquelle nous aspirons » de Valeriu Ionas. L’article, intitulé « loi anti-discrimination ou le début de la déshumanisation en Moldavie », soutient que l’homosexualité est inhumaine et que les fonctionnaires de l’UE considèrent à tort que l’acceptation de telles pratiques est « civilisée ». Le travail de Ionas affirme que l’UE exige que les « personnes malades » soient autorisées à propager activement la « maladie de l’homosexualité ». Le fait que l’article soit publié sur le site officiel de l’OCM sans aucune clause de non-responsabilité illustre la position officielle de l’Eglise. C’est un autre exemple où l’Église s’engage dans la politique, créant ainsi une association entre l’UE et les valeurs anti-orthodoxes.

Le site web de l’OCM publie également régulièrement des nouvelles relatives à Poutine, notamment des articles intitulés « Poutine a été nommé pour le prix Nobel de la paix » ou ceux relatifs à l’invitation du dirigeant russe au patriarche de Jérusalem pour célébrer 1025 ans de christianisme russe. Ces nouvelles n’ont aucun rapport avec la Moldavie. Des échanges de messages de félicitations à diverses occasions entre le métropolitain moldave et Poutine sont également publiés régulièrement. Les sentiments de l’Église sur l’UE (généralement appelée génériquement « Europe ») sont souvent reflétés dans des articles portant des titres tels que « L’Église russe s’inquiète de la légalisation des « mariages » unisexes et de l’avortement » et « Sécularisation accrue en Europe ou en Suède : la légalisation de la polygamie et l’abolition des mariages ont commencé ». La plupart des nouvelles sont re-publiées à partir du site web ortodox.md ou d’autres sites web orthodoxes, en particulier ceux de Russie. Il n’est donc pas surprenant qu’en mai 2019, le Métropolitain ait décoré Poutine d’un prix de l’amitié.

La communication officielle sur le site web de l’Église orthodoxe de Moldavie tend à présenter les valeurs anti-orthodoxes comme étant étroitement liées à l’UE, au libéralisme politique et à l’éducation occidentale. Les droits de la femme y figurent aussi parfois. Par exemple, un article explique que la demande des femmes d’entrer au Mont Athos signale la fin du monde et que la Grèce subit des pressions de la part d’organisations internationales, notamment du Parlement européen, pour qu’elle le permette. Pendant ce temps, la Russie tend à être associée à l’orthodoxie et à être le protecteur des valeurs familiales traditionnelles. Le soutien actuel à une éventuelle adhésion à l’UE ou à l’Union économique eurasienne est légèrement supérieur à 30 %. Le rôle de l’Église dans la formation de l’opinion publique sur la Russie et l’UE est un autre exemple de la manière dont elle contribue aux divisions de la société en ce qui concerne le développement géopolitique du pays.

Les Présidents Dodon et Poutine en compagnie de responsables religieux orthodoxes – Source: Heritage / Mikhail Svetlov / Getty Images.

Relations avec la communauté LGBTQ+

L’Église orthodoxe moldave fait ouvertement preuve de discrimination à l’égard des minorités sexuelles, en particulier des groupes LGBTQ+. En mai, l’OCM a écrit une lettre au gouvernement pour lui demander d’interdire toute manifestation en faveur des droits des LGBTQ+. Les représentants de l’Eglise affirment que ce genre d’événements « affecte les principes moraux, les droits et les libertés d’autres personnes« . La semaine précédente, sur Chișinău, une marche a été organisée pour soutenir les droits des minorités sexuelles. L’OCM a organisé une contre-protestation « Marche des familles », qui a été organisée par l’église pour combattre la prétendue « propagande homosexuelle ». Les années précédentes, les marches en faveur des droits des LGBTQ+ ont donné lieu à des violences, qui étaient dans une large mesure le fait de fidèles et de prêtres orthodoxes.

Le message de l’Église est clair et sa position officielle est que la communauté LGBTQ+ n’a pas sa place en Moldavie. Le Président moldave, Igor Dodon, un fervent partisan de l’OCM, a également déclaré publiquement son soutien à la « famille traditionnelle », affirmant qu’il ne permettra pas « l’infiltration de valeurs étrangères dans la société moldave« . En raison de cette rhétorique, il n’est pas surprenant que les chefs d’Église l’aient soutenu pendant la campagne présidentielle de 2016. Tout soutien ouvert de la communauté LGBTQ+ par des prêtres est publiquement condamné et sanctionné par l’Église. Par exemple, Maxim Melinti – un prêtre de Ghidici, un village non loin de Chișinău – a reçu l’année dernière un prix d’une organisation pro-LGBTQ+, appelée Genderdoc-M, pour son travail avec la communauté. En conséquence, l’Église l’a suspendu de son rôle et lui a interdit de célébrer des services. Il a été obligé de s’excuser devant l’Église et de refuser son prix. Cette affaire présente un exemple où l’Église aurait pu jouer le rôle de médiateur, voire de soutien, des minorités sexuelles. La déclaration de Dodon en 2018, où il « n’a jamais promis d’être le président des homosexuels« , semble compléter les propres sentiments de l’Église.

Maxim Melinti, prêtre de Ghidici – Source: RFE/RL Valentina Ursu.

Désinformation

Une autre question est de savoir si l’Église contribue à la diffusion de ‘fake news’ et participe ainsi ou non à des campagnes de désinformation, ou si elle essaie plutôt de combattre ce phénomène. Ion Andronache, un ancien étudiant de l’institut théologique de Moldavie, a créé une chaîne YouTube décrivant sa vision du rôle de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain. Dans l’une de ses vidéos de mars 2019, il a parlé des ‘fake news’ et présenté des exemples où des prêtres partagent des articles souvent produits ou influencés par des campagnes électorales. Par exemple, la candidate à la présidence Maia Sandu aurait fait venir 30 000 réfugiés en Moldavie, comme elle l’avait promis à Angela Merkel. Une autre ‘fake news’ populaire partagée par les prêtres concernait des allégations selon lesquelles Maia Sandu, l’actuelle dirigeante du Parti de l’action et de la solidarité et ancienne Première Ministre moldave serait homosexuelle. De fausses images se sont répandues, la montrant soi-disant en train d’embrasser une autre femme dans les rues de Munich. D’autres articles partagés par les prêtres comprenaient des histoires prétendant qu’une mosquée serait construite au centre de Chișinău.

Certains prêtres, menés par l’Évêque Marchel de Balti et Falesti de l’OCM, ont même organisé une conférence de presse avant l’élection présidentielle de 2016, où ils ont déclaré que les gens « doivent choisir entre deux candidats – un chrétien et un non-chrétien, un patriote et un non-patriote« . Ils ont qualifié Igor Dodon de patriote chrétien car « il est normal d’avoir une attitude en faveur de l’Église« . En même temps, il a été affirmé que l’attitude de Maia Sandu n’est « pas normale » et que les Orthodoxes ne devraient pas voter pour elle.

Le diocèse de Tiraspol-Dubasari fait partie de l’Église orthodoxe moldave. Il est relié à l’OCM, mais il est également en contact direct avec l’Église orthodoxe russe et la Fédération de Russie. Les prêtres de Transnistrie acceptent de suivre l’OCM tant qu’elle suit la Russie. Le site web de l’église promeut activement ses liens avec la Russie et comprend un flux d’informations intégré au site web, Christianity.ru. Par conséquent, la compréhension en Transnistrie est que l’OCM fait, avant tout, partie du christianisme russe et que les minorités, y compris les Orthodoxes, sont des influences négatives. Par exemple, l’Église de Bessarabie est simplement considérée comme un occupant. Nous pouvons en déduire que l’OCM et l’Église de Transnistrie ont trouvé un moyen de coexister, étant entendu que le patriarcat russe règne sur les deux.

Tiraspol est la capitale de la République de facto de Transnistrie ayant fait sécession depuis 1992.

Au temps du Covid-19

Beaucoup d’Églises moldaves ont d’abord ignoré l’État d’urgence introduit par le gouvernement moldave à la mi-mars et ont organisé des services pour offrir la communion. Selon le Premier Ministre moldave Ion Chicu, le 22 mars, au moins 375 églises ont organisé des services en présentiel, utilisant une cuillère commune pour offrir la communion. Par la suite, la fréquentation a diminué et certaines églises ont reçu des amendes pour avoir enfreint les règles ; cependant, les services ont continué dans les villages et les petites villes. La diocèse de Moldavie a déclaré qu’elle n’approuvait pas cela, mais qu’elle ne prendrait aucune mesure pour dissuader les prêtres.

Le Président moldave a envoyé des messages contradictoires et n’a pas participé activement au débat sur les services religieux. D’une part, il a mentionné l’importance de s’isoler et de respecter les mesures introduites par le gouvernement. D’autre part, il a déclaré que les prêtres pouvaient rendre visite aux fidèles chez eux pendant le week-end de Pâques. À la question de savoir si les prêtres seraient punis, M. Dodon a répondu : « On ne sait pas très bien où se trouve le plus grand risque d’infection – à l’église ou au supermarché« . Conformément aux règles du gouvernement, les églises ont été autorisées à organiser des messes de Pâques sans participants et à les diffuser en ligne.

L’Église a également demandé un soutien financier au gouvernement moldave, car les dons ont diminué pendant la période de fermeture. Cependant, le Président a déclaré qu’il n’y avait pas d’argent public pour cela et que l’OCM devrait plutôt chercher le soutien du secteur privé. Pendant la crise actuelle, l’OCM n’a pas servi de modèle pour encourager les gens à rester chez eux – et ce n’est que plus tard qu’ils ont rejoint les efforts pour combattre la propagation de la Covid-19 (en effet, certaines églises continuent d’enfreindre la loi en organisant des sermons de masse).

De plus, un texte publié fin mai sur le site officiel de l’Église, partageait un certain nombre de théories de conspiration et de ‘fake news’, notamment des affirmations selon lesquelles un vaccin, financé par Bill Gates, est censé introduire des micropuces dans les corps humains qui les contrôleraient ensuite grâce à la technologie 5G. Un autre document publié par l’OCM a critiqué les fermetures de l’Église comme étant disproportionnées. Il affirme que l’Église comprend les risques d’infection, mais que ces risques doivent être assumés pour la « vie éternelle ». Ce type de communication officielle, en temps de crise, n’est pas seulement trompeur et dangereux, il met des vies en danger.

Le Président Igor Dodon en compagnie de responsables religieux lors d’une visite – Source: Balkan Insight.

L’Église Orthodoxe de Moldavie a montré une tendance à encourager la polarisation de la société, à provoquer des conflits (en particulier envers la communauté LGBTQ+, mais aussi envers les minorités religieuses) et à s’impliquer dans la politique. On peut le constater dans la manière dont elle a présenté l’UE comme un vecteur de décadence et la Russie comme le protecteur des valeurs traditionnelles. Il n’existe aucun cas connu où l’OCM a promu la tolérance ou l’unité dans un quelconque conflit social en Moldavie.

Il serait intéressant de voir ce que l’OCM pourrait accomplir en tant que médiateur sociétal, plutôt qu’en tant qu’instigateur de conflits. Dans un pays où tant de personnes se déclarent Orthodoxes, l’église pourrait potentiellement agir comme un unificateur de personnes autour de messages de tolérance, plutôt que de division et de discrimination.


Cet article est le résultat d’un projet dans le cadre du programme de formation 2018-2019 du Centre d’études sur la démocratie de la société germano-polono-ukrainienne et du Centre européen ukrainien de politique de la jeunesse à Kyiv, soutenu par le ministère des affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne. #CivilSocietyCooperation.

Euro Créative remercie son partenaire New Eastern Europe pour la possibilité de publier cet article et vous invite à vous abonner à leur revue bi-mensuelle.

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